Beaucoup de parents craignent que les allergènes courants doivent être retardés, surtout en cas d’antécédents familiaux d’allergie. Les données actuelles suggèrent une autre approche : pour la plupart des bébés, introduire les aliments allergènes courants sous une forme adaptée à l’âge au cours de la première année peut aider votre bébé à les connaître, et les retarder ne semble pas prévenir l’allergie.
Les études les plus connues dans ce domaine, dont LEAP et EAT, ont changé la manière dont les cliniciens pensent à l’arachide et aux autres allergènes. En 2019, l’American Academy of Pediatrics s’est alignée sur ces nouvelles données et a abandonné les recommandations générales de retard pour la plupart des nourrissons. Si votre bébé a un eczéma sévère, une allergie alimentaire connue ou une autre affection à haut risque, demandez l’avis de votre pédiatre avant d’introduire des aliments allergènes.
Que désignent les allergènes courants ?
Les aliments allergènes courants comprennent l’arachide, l’œuf, le lait de vache, les fruits à coque, le soja, le blé, le sésame, le poisson et les crustacés. Tous les bébés ne réagiront pas à ces aliments, et une exposition précoce ne signifie pas que votre bébé développera une allergie. L’objectif principal est d’introduire les aliments en toute sécurité, un par un, sous une forme adaptée au stade de développement de votre bébé.
Quand commencer ?
La plupart des bébés sont prêts pour les solides vers 6 mois, lorsqu’ils peuvent s’asseoir avec soutien, tenir bien leur tête et montrer de l’intérêt pour la nourriture. Certains bébés peuvent être prêts un peu plus tôt ou un peu plus tard. Le moment d’introduction des allergènes doit suivre les mêmes signes de préparation que pour les autres premiers aliments.
Vous n’avez pas besoin d’espacer indéfiniment chaque nouvel allergène de plusieurs jours ou semaines. Une approche pratique consiste à introduire un nouvel aliment à la fois en début de journée, lorsque vous pouvez surveiller votre bébé pour une réaction. Une fois qu’un aliment est toléré, continuez à le proposer régulièrement dans l’alimentation de votre bébé.
Comment introduire l’arachide en toute sécurité
L’arachide mérite une attention particulière car elle fait partie des allergies infantiles les plus courantes. Les données de l’essai LEAP ont montré qu’une consommation précoce et régulière d’arachide chez les nourrissons à haut risque réduisait l’allergie à l’arachide plus tard, par rapport à l’évitement. Cela ne signifie pas que chaque bébé a besoin d’un test médical avant, mais cela soutient une introduction plus précoce pour la plupart des nourrissons, lorsqu’elle est faite en sécurité.
Si votre bébé a un eczéma sévère, a déjà présenté une réaction immédiate à un aliment ou a une allergie à l’œuf diagnostiquée, parlez-en à votre pédiatre avant d’introduire l’arachide. Certains bébés à haut risque bénéficient d’un plan plus encadré.
Introduire l’œuf, les produits laitiers, le poisson et d’autres allergènes
L’essai EAT et les recommandations plus récentes soutiennent l’introduction de plusieurs aliments allergènes pendant la première année plutôt que leur report. Pour de nombreuses familles, le moyen le plus simple consiste à mélanger une petite quantité de l’allergène dans un aliment déjà bien toléré par votre bébé. L’aliment doit être bien cuit ou avoir une texture adaptée à l’âge.
Une façon simple de vous organiser est d’introduire un allergène à la fois, à des jours différents, puis de redonner régulièrement chaque aliment bien toléré. L’exposition régulière compte plus qu’une seule petite dégustation.
À quoi ressemble une première exposition normale ?
La plupart des bébés tolèrent un nouvel allergène sans problème. Un léger reflux ou une petite grimace ne signifie pas nécessairement une allergie. Les vraies réactions allergiques apparaissent généralement peu de temps après l’ingestion et touchent souvent plusieurs systèmes du corps, comme la peau, la respiration ou les vomissements.
Signes d’une réaction allergique
Les réactions allergiques peuvent être légères ou sévères. Les symptômes légers peuvent inclure quelques boutons urticants, une rougeur autour de la bouche ou un léger prurit. Les réactions plus graves peuvent entraîner un gonflement, des vomissements répétés, de la toux, des sifflements respiratoires, une difficulté à respirer ou une somnolence. Les symptômes commencent généralement peu après la prise alimentaire, souvent en quelques minutes à 2 heures.
Appelez immédiatement les secours si votre bébé a des difficultés à respirer, un gonflement des lèvres ou de la langue, des urticaires généralisées avec vomissements, devient très mou ou difficile à réveiller, ou si vous craignez une anaphylaxie. Si votre bébé possède un auto-injecteur d’épinéphrine, utilisez-le comme indiqué et consultez en urgence.
À quelle fréquence reproposer les allergènes tolérés ?
Après qu’un aliment a été mangé sans réaction, continuez à l’inclure dans l’alimentation. Il n’existe pas de fréquence universelle exacte, mais le plus raisonnable est de le proposer régulièrement. Si un allergène toléré disparaît longtemps de l’alimentation, il peut être plus difficile de le maintenir familier.
Situations particulières
Certains bébés ont besoin d’une approche plus prudente. Cela inclut les bébés ayant un eczéma sévère, une réaction alimentaire antérieure, plusieurs allergies alimentaires, une croissance insuffisante ou des problèmes médicaux affectant l’alimentation. Si votre bébé est né très prématurément ou a des besoins médicaux complexes, votre pédiatre peut recommander un calendrier différent ou une supervision spécifique pour les premières expositions.
Si vous avez de forts antécédents familiaux d’allergie, l’introduction des allergènes reste souvent possible, mais les antécédents familiaux seuls ne signifient pas automatiquement que votre bébé réagira. Votre pédiatre peut vous aider à décider si des tests ou une supervision sont nécessaires avant la première exposition à l’arachide ou à d’autres aliments.
Quand appeler votre pédiatre
Ce guide est fourni à titre éducatif uniquement et ne remplace pas un avis médical. Consultez toujours votre pédiatre avant de prendre des décisions concernant l’alimentation ou les soins de votre bébé.




